L’utilisation des données du commerce

La plupart des pays importateurs et exportateurs publient des données du commerce. Ces dernières fournissent des informations agrégées sur les quantités et les valeurs du commerce de certaines catégories de produits, entre certains pays, pour chaque mois ou chaque année. Dans certains cas, les données peuvent être ventilées par port ou par région d’origine.

Bien qu’elles ne puissent pas être utilisées pour repérer des liens dans la chaîne d’approvisionnement au niveau des sociétés, ces informations peuvent être utilisées pour choisir les pays étrangers pour lesquels une chaîne d’approvisionnement donnée (quand on travaille à partir de la source) devrait faire l’objet d’enquêtes ou pour aider à identifier les chaînes d’approvisionnement dignes d’intérêt (quand on travaille à partir de la destination). La comparaison des données d’exportation d’un pays avec les données d’importation d’un autre pays peut également révéler des incohérences indiquant l’existence d’un commerce illégal. S’il existe des différences entre le volume enregistré comme quittant un pays et le volume enregistré comme arrivant à la destination signalée, cela peut indiquer que du bois est vendu clandestinement ou blanchi, ou encore que les volumes et les valeurs sont mal enregistrés. Par exemple, au début des années 2000, des incohérences dans les données douanières entre les exportations de grumes au départ de l’Indonésie et de la Malaisie et les importations de grumes par la Chine ont révélé que des grumes indonésiennes avaient été sorties clandestinement du pays et faussement déclarées comme provenant de Malaisie à l’arrivée en Chine [voir Étude de cas 10].

Les données du commerce sont ventilées par codes des douanes. Ces codes correspondent à des catégories spécifiques de produits du bois. Il est important de comprendre ces codes pour analyser les données du commerce et interroger les bases de données des registres des marchandises [voir L’obtention des informations à partir des registres de marchandises]. Les codes sont normalisés à l’échelle internationale grâce au système harmonisé (SH). Le nombre de chiffres dans le code indique le niveau de précision. Les six premiers chiffres sont normalisés à l’échelle internationale, tandis que chaque pays peut détailler un peu plus les codes en utilisant des sous catégories de huit ou dix chiffres. Par exemple, le bois est classé sous le chapitre SH 44, le bois de sciage est classé sous le code SH 4407, le bois de sciage des principales essences de bois tropical sous le code SH 440729 ; et l’Indonésie classe le bois de sciage du ramin sous le code SH 4407295900.

La probabilité qu’une essence ou un produit spécifique fasse l’objet d’un code à huit ou dix chiffres dans un pays donné dépend du volume du commerce. En général, les pays producteurs de bois fournissent une décomposition plus détaillée que les pays importateurs. Pour la détection des infractions et le ciblage des recherches, les ventilations des codes des douanes pour les produits du bois sont plus utiles pour les grumes, le bois de sciage et le contreplaqué (pour lesquels les différentes essences ont souvent leur propre code) que pour les biens issus d’une transformation plus poussée comme les meubles.

Les données commerciales actualisées des importations mensuelles vers les États-Unis et les pays membres de l’UE sont disponibles gratuitement sur des bases de données fournies respectivement par USITC et Eurostat. Les données annuelles et parfois mensuelles des importations et des exportations sont disponibles pour la plupart des autres pays à un niveau de code SH de six chiffres via la base de données UNCOMTRADE. D’autres pays ont leurs propres bases de données gratuites. Des abonnements à des services payant tels que World Trade Atlas fournissent des données supplémentaires non disponibles ailleurs.