Les drones

Jusqu’à récemment, la prise de photos aériennes nécessitait l’utilisation d’avions et d’hélicoptères habités et leur prix était prohibitif. Les avancées technologiques rapides de « drones » inhabités ont toutefois changé radicalement les possibilités dans l’utilisation des photographies aériennes pour les recherches de terrain. En raison de l’altitude peu élevée à laquelle ils peuvent voler, ils offrent des images aériennes d’une résolution inconcevable pour des images satellites (à l’heure actuelle). Les drones présentent ainsi un potentiel énorme pour l’observation des zones forestières reculées, que ce soit pour observer la biodiversité ou l’exploitation illégale des forêts.

 

Les drones (aussi appelés « UAV » pour Unmanned Aerial Vehicle en anglais, soit véhicule aérien sans pilote) peuvent être divisés en deux grands types : les drones à ailes fixes et les quadcoptères. Les premiers sont plus onéreux, nécessitent davantage de compétences et sont plus difficiles à déployer mais ils peuvent couvrir de grandes surfaces. Les deuxièmes sont peu chers, faciles à déployer et rapides à mettre en marche mais ont une faible portée. De façon générale, les drones à ailes fixes ont jusqu’ici été utilisés dans l’observation des forêts pour élaborer des cartes, alors que les quadcoptères ont été utilisés comme outils plus simples de documentation. Dans de nombreux pays, l’utilisation des drones est de plus en plus régulée. Les enquêteurs devraient vérifier la réglementation locale concernant leur utilisation au moment de mener leurs investigations car la réglementation en la matière change rapidement.

Les drones à ailes fixes

Depuis au moins 2012, les défenseurs de l’environnement ont testé l’utilisation des UAV à ailes fixes pour l’observation à distance. Ces véhicules volants légers qui peuvent héberger des caméras et un appareil GPS et prendre des images géo-référencées, sont un outil très efficace d’observation de zones reculées et inaccessibles. Ils peuvent voler le long de parcours prédéterminés ou être contrôlés à distance et parcourir 100 km par trajet.

Contrairement aux quadcoptères (voir ci-dessous) les drones à ailes fixes pouvant être utilisés pour surveiller les forêts ne sont pas en vente libre et demande d’être adaptés à cet usage. Leur utilisation requiert aussi une bonne connaissance et de l’expérience. Toutefois, beaucoup de conseils sont disponibles sur Internet et il existe des organisations spécialisées telles que Conservation Drones qui peuvent également fournir des conseils sur leur utilisation. En conséquence, le prix des drones à ailes fixes baisse de plus en plus, ce qui rend ces appareils accessibles aux ONG et même aux communautés locales, pour observer

leur territoire.  En 2014, le programme de conservation des orangs outangs de Sumatra et Conservation Drones ont fait survoler deux fois le parc national de Gunung Leuser, à quelques mois d’intervalle. Les images obtenues, qui sont géo-référencées, révèlent des preuves d’exploitation illégale qui n’auraient peut-être pas été visibles au cours de recherches sur le terrain ou des patrouilles à pied, même proches de la zone concernée. Les preuves ont été présentées aux autorités du parc qui ont pris des mesures pour arrêter l’exploitation.[i]

Les quadcoptères

Les ventes de petits quadcoptères télécommandés équipés de caméras ont augmenté de façon spectaculaire.

Les quadcoptères sont peu chers et extrêmement faciles à utiliser. De nombreux modèles de capacité diverse sont en vente libre et peuvent être utilisés sans adaptation particulière pour l’observation des forêts. Après une matinée de lecture et une après-midi de pratique, la plupart des utilisateurs peuvent devenir assez habiles dans leur utilisation. Les quadcoptères ne peuvent pas être utilisés sur des distances aussi importantes que les drones à ailes fixes, mais cela est compensé par leur facilité d’utilisation et leur capacité à faire du surplace. La plupart du temps ils sont pilotés à vue, par télécommande, ce qui contraste avec les trajets prédéterminés que survolent les drones. Cela conduit à couvrir des zones moins étendues et d’obtenir des images qui ne sont pas toujours géo-référencées.

Toutefois, ce sont de précieux outils auxiliaires de travail sur le terrain. Ils peuvent être déployés en quelques minutes et offrent une vue aérienne de la situation au sol. Ils peuvent être utilisés pour observer des scieries et des activités d’exploitation forestière tout en gardant une distance de sécurité. Comme les drones, ils peuvent suivre un itinéraire tracé en ajoutant un simple logiciel au système.

[i] http://conservationdrones.org/2014/09/30/illegal-logging/