7. Une enquête sur les exportations de bois

En avril 2014, le Myanmar a décrété l’interdiction d’exporter des grumes pour mettre fin à la sur exploitation effrénée de ces forêts en déclin. Le quota annuel autorisé est régulièrement dépassé en raison de l’absence de contrôle dans l’exploitation et l’exportation. Malgré l’obligation d’expédier toutes les exportations via Yangon dans le sud, une grande partie du bois est transporté directement vers la frontière avec la Chine, dans le nord. En juin 2015, des enquêteurs de l’EIA se sont rendus aux passages des frontières entre le Myanmar et la Chine pour évaluer le volume de grumes exporté en violation de l’interdiction. Dans la ville de Nongdao, ils ont recensé des milliers de tonnes de bois de forte valeur commerciale, comme le teck, le palissandre et le padouk de Birmanie, exportés du Myanmar vers la Chine. Dans la ville de transit de Ruili, également située en Chine, les enquêteurs ont vu des camions décharger quotidiennement des dosses de bois de rose. Début 2015, les enquêteurs ont aussi documenté de longues files de camions chargés de grumes attendant de passer la frontière avec la Chine.

Afin d’obtenir des informations auprès de négociants et sociétés de transport, l’EIA a également mené des opérations sous couvert en se faisant passer pour des acheteurs de bois. Cela a permis à l’organisation de mieux comprendre les méthodes utilisées dans le secteur pour accéder à la ressource et contourner les restrictions. Elle a également pu se faire une idée du réseau complexe d’individus contrôlant la chaîne d’approvisionnement.[i]

[i] https://eia-international.org/wp-content/uploads/EIA-Organised-Chaos-FINAL-lr1.pdf